29/04/2021 - 11:25

[#LABELECTIONS] APPRÊTE-TOI À COURIR LE MARATHON DES VOTES

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As-tu déjà eu l’occasion de voter onze fois en une année ? Hé oui, les doigts de tes deux mains ne sont pas suffisants pour compter le nombre de fois où tu seras invité à glisser ton bulletin dans l’urne cette année et l’année prochaine.

Onze fois, c’est comme aller voter une fois par mois, si tu fais la moyenne de ces sommations sur une année. C’est beaucoup, n’est-ce pas ? Au point que tu n’arrives pas à projeter cette réalité et à t’en faire une idée concrète ? C’est normal. Dis-toi que si tu te rends aux urnes à chaque appel citoyen initié par le pouvoir dès le mois de juin 2021, tu auras croisé un isoloir plus de fois que tu ne seras allé prendre le thé chez ta grand-mère. 

Et quelle période nous sommes en train de clore ! Soyons honnêtes : entre la crise des Gilets Jaunes, les grèves, et maintenant la période Covid qui s’éternise, on aura quand même vécu un quinquennat où le flux ordinaire de la vie politique a été pris en otage. Raison de plus pour porter notre attention sur ces onze votes à venir. 

Marathon, combat de boxe, ou biathlon ? 

Chaque fois qu’on t’invite à voter, c’est la même histoire. Tu te remémores tout le bruit et l’effervescence qui accompagnent le temps de l’élection : je veux bien-sûr te parler de ces nombreuses joutes oratoires et débats enflammés qui agitent le pays ; de ces prises de position qui récoltent l’adhésion ou l’opposition ; de cette affluence massive de meetings, tribunes, d’éditos, d’interviews... Une logorrhée d’idées qui envahit les médias et affluent de tous côtés, de telle sorte que ni tes conversations entre amis, ni tes scrolls nocturnes sur les réseaux sociaux ne te prémunissent d’une conversation politisée. Le tout te contraignant à avoir une opinion tranchée lorsque tu serais habituellement resté indifférent.

C’est sans compter l’investissement par les politiques d’une diversité folle de canaux de communication pour s’ouvrir de nouvelles parts de voix, dépassant les sempiternels débats télévisés. Ne sois donc pas étonné de découvrir ton député sur Twitch, ta présidente de région sur Clubhouse et les candidats à la présidentielle débarquer sur TikTok. Nouveaux usages riment souvent avec appropriation par la sphère politique qui ne se prive pas de l’opportunité de s’aventurer sur ces terrains numériques modernes. Je reviendrai dessus ultérieurement, parce qu’il y a là un enjeu de communication politique intéressant. 

Mais depuis quelques semaines déjà, tu assistes en réalité à un double-match qui transforme le traditionnel combat de boxe politique en une épreuve de biathlon mêlant uppercut et marathon. Le calendrier politique est resserré, les échéances se suivent. Tu pourras ainsi travailler ton endurance, car à peine termineras-tu une course qu’une autre démarrera. 

Un, deux, trois, partez pour la course aux idées politiques !

Le temps des élections c’est surtout une belle occasion de poser à plat des enjeux de long terme. Les partis et mouvements doivent aujourd’hui faire l’effort de la cohérence en proposant des solutions aussi bien à l’échelle de la circonscription que du pays tout entier et sont attendus sur leur capacité à créer des alliances inédites, à gauche comme à droite de l’échiquier, d’ailleurs. Ne trouves-tu pas que ce moment s’annonce grisant, tout compte fait ? 

La récente montée en puissance des écologistes qui prônent un nouveau modèle, le manque d’assises territoriales de la majorité en place et plus généralement la défiance à l’égard du système partisan traditionnel rebattent les cartes. Écolos contre libéraux, conservateurs contre socialistes, alliances à droite, alliances à gauche : tu fais face non pas à un débat, mais à des débats pluriels. Cette épreuve n’est nullement gagnée pour personne : l’exploit étant de fédérer le plus possible autour de programmes articulés par un triptyque désormais classique - environnement, économie et social - sur fond de crise sanitaire. 

L’écologie certes, mais dans un tel moment, pourquoi se priver des éternels débats identitaires, querelles sur la sécurité et souveraineté nationale ou conflits autour de l’emploi, révélateurs de fractures sociales. Le tout au prisme de la lutte contre l’extrême droite qui a déjà une longueur d’avance...

Es-tu suffisamment bien échauffé ? 

Voir réapparaître ces mêmes vieux démons tous les cinq ans pourrait bien te provoquer un point de côté insupportable. Cette séquence haletante que nous vivons, c’est aussi un instant rêvé, pour toi citoyen, de t’exprimer alors que cela fait maintenant presque quatre ans que l’on ne t’entend plus. Il y a bien eu les élections européennes (si si, souviens-toi), mais celles-ci ont-elles comblé ta satiété politique et ton désir de te faire entendre ? Tu as plus récemment été sollicité dans le cadre des municipales. Mais là encore, ce temps politique n'a-t-il pas été largement vampirisé par la crise sanitaire ? Sans omettre que pour un certain nombre de tes concitoyens l’appel au vote ne s’est pas traduit par un passage aux urnes.

Le risque d’un tel parcours, c’est surtout que tu ne t'essouffles pendant ces 365 jours de courses interminables, notamment à l’approche de la ligne d’arrivée. On ne va pas se mentir, c’est probable : courir un marathon électoral constitue un exercice de longue haleine pour lequel il faut à la fois être motivé, préparé et entouré. 

Dans cette émulation, le consultant que je suis prendra le temps de suivre pas à pas les enjeux qui se dessinent et les règles de la course. Cette course d’obstacles nous la ferons ensemble, rassure-toi, animés par la même volonté de prendre du plaisir et surtout, d’admirer la beauté du sport. 

Si tu le veux bien, on se retrouve toutes les 3 semaines pour bosser notre cardio : je t’ai prévu plein d’exercices sur :
→ Les (nouveaux ?) rapports de forces politiques et éventuelles alliances trans-partisanes
→ La communication politique renouvelée à l’ère-Covid
→ La place du référendum climat dans la stratégie électorale
→ La logique de primaires et sa mise à mal
→ La place des plateformes et de la participation citoyenne dans la constitution des programmes

Et plein d’autres encore !
 

Barbara Lanne, Florian Aubert, Guillaume Faucher, Pauline Rivière