06/04/2022 - 14:23

"Le top 3 des raisons pour lesquelles les candidats mal barrés maintiennent (quand même) leur candidature à la présidentielle", par Florian Aubert

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Vous allez peut-être (ou peut-être pas d’ailleurs, ça vous regarde) vous rendre aux urnes ce dimanche pour voter pour la candidate ou le candidat que vous souhaitez voir remporter l’élection présidentielle.

Et il est probable qu’en parcourant la liste des présidentiables, vous vous soyez demandé pourquoi est-ce qu’on avait encore autant de noms inscrits. Alors même qu’on imagine avec clairvoyance le sort funeste qui va être réservé à la plupart d’entre eux. Avouez qu’on s’est déjà tous posé la question de pourquoi Nathalie Arthaud continue de se présenter alors qu’elle n’a jamais dépassé les 0,5% à cette même élection. 

 

Voici une liste totalement exhaustive et absolument objective de raisons pour lesquelles les “petits candidats” peuvent avoir maintenu leur candidature ; là où Christiane Taubira par exemple a décidé d’arrêter les frais (au sens figuré et littéral) bien plus tôt. 

 

1. Parce que les sondages ne sont pas La Vérité.

Je vais pas vous faire la leçon à la Bourdieu sur l’inexistence de l’opinion publique, de ce que sont les sondages, de ce qu’ils disent ou ne disent pas de la réalité, etc. Pendant toute la campagne on a débattu du sens des sondages et questionné leur rôle actif dans la construction d’une réalité : “le sondage produirait l'opinion plus qu'il ne la mesurerait”. Même s’ils dessinent une tendance, peut-on se retrancher derrière le dernier baromètre Ifop ou la pénultième analyse qui revoit le sens du podium ? (oui j’exagère, et oui j’adore pourtant moi-même lire méticuleusement les sondages avec mon thé le matin)

 

2. Parce que l’important n’est pas toujours de gagner mais bien de participer

Certes, c’est une phrase de perdant. Il faut pourtant bien reconnaître que tous les 5 ans, et pendant 6 mois environ, l'élection présidentielle ouvre une fenêtre médiatique sans pareille mesure, et avec elle des opportunités rares de faire passer des messages. C’est le temps fort du militantisme politique, du pouvoir de contradicteur et des coups de gueule contre l’hégémonie (coucou Philippe Poutou et Nicolas Dupont-Aignan).

 

3. Parce qu’on vise le coup d’après

Au stade où l’on se trouve, on ne va pas se mentir, la présidentielle est globalement jouée - hors crise et scandale (McKinsey, t’es pas à la hauteur). En revanche, l’étape qui suit est tout autant (voire plus) importante dans une démocratie parlementaire comme la nôtre. Certains candidats sont donc encore dans la course pour assurer le rapport de force en vue des législatives (on a une pensée émue pour Anne Hidalgo qui doit recevoir une forte pression de la part du PS pour poursuivre alors qu’elle préférerait sûrement fuir rue Lobau). D’ailleurs, un faible score à la présidentielle n’est pas forcément synonyme de représentation dans l’hémicycle : combien compterons-nous de députés EELV, affaire à suivre…

 

Florian Aubert